Monsieur NDIR, jeune homosexuel Sénégalais de 23 ans, est en danger de mort dans son pays. L’Egide, la maison régionale des associations Lesbiennes Gays Bi Trans, qui l’accueille régulièrement, s’étonne de la décision rendue hier par le tribunal administratif de Lille.
Monsieur NDIR, arrivé en France en octobre 2011, a été placé en centre rétention mercredi 1er février. Hier, lundi 6 février, avec son avocat, il a contesté devant le Tribunal Administratif son OQTF (Ordre de Quitter le Territoire Français) et son IRTF d’un an (Interdiction de Retour sur le Territoire Français).
Il avait déposé une demande d’asile à son arrivée en France et le 23 décembre dernier celle-ci a été rejetée par l’OFPRA, organisme dépendant du ministère de l’intérieur. Comme la loi l’y autorise, il a déposé une demande d’aide juridictionnelle auprès de la CNDA : cela lui permet notamment d’avoir plus de temps pour préparer sa défense. Il a été arrêté alors qu’il devait signer son appel et l’envoyer à la CNDA. Il n’a donc
pas pu finaliser son dossier. Cela revient à lui dénier tout droit de faire appel.
Pour son malheur, le jeune NDIR, est originaire d’un pays qualifié de « sûr » par la France : il bénéficie alors d’une procédure dite prioritaire. Selon l’ILGA (International Lesbian and Gay Association), dont L’Egide est membre, et Amnesty International, la situation des personnes homosexuelles est dangereuse dans ce pays. Les violences contre les homosexuels sont de plus en plus courantes au Sénégal. Des extrémistes appellent à la haine, à la violence et parfois au meurtre. Les autorités ne font, rien et elles emprisonnent les hommes homosexuels : jusqu’à 5 ans de prison, et 10 ans en cas de récidive. Monsieur NDIR, craignant pour sa vie, a dû fuir son pays natal en raison de son orientation sexuelle, après avoir été menacé à de nombreuses reprises et après le saccage de son domicile.
La France a été condamnée le 02/02/2012 par la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) du Conseil de l’Europe à Strasbourg en raison de cette procédure prioritaire et de l’expulsion d’un étranger ayant déposé un recours devant la CNDA. Cette procédure est marquée par "l’absence de caractère suspensif du recours formé devant la CNDA en cas de procédure prioritaire", selon la CEDH. La décision du Tribunal Administratif, revient à refuser à Monsieur NDIR le droit élémentaire de faire appel d’une décision de l’OFPRA.
L’Egide demande que la justice examine la régularité de son arrestation. Elle demande que les décisions de justice soient rendues dans le respect de l’arrêt de la CEDH et demande que Monsieur NDIR puisse terminer son recours devant la CNDA et attendre la réponse en France. Cet homme est en danger ! Le renvoyer dans son pays, c’est le mettre en grave danger.
L’Egide reste et restera aux côtés de M. NDIR dans cette douloureuse épreuve pour faire reconnaître ses droits en tant que victime de l’homophobie.

- Cp Un jeune homosexuel Sénégalais en danger
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